Daniel Didier | Allemagne
Alors que je cherchais une issue, Dieu préparait déjà ma route.
Je pensais que mon avenir dépendait d’une réponse qui tardait à venir. Je ne savais pas encore que Dieu préparait déjà chacun de mes pas.
Il y a des moments dans la vie
où nous pensons que Dieu tarde à agir.
Nous prions.
Nous attendons.
Nous nous impatientons.
Et parfois même,
nous nous demandons s’Il regarde encore
à notre situation.
J’ai vécu cette expérience.
À cette époque, je me trouvais en Ukraine,
avec peu de perspectives pour mon avenir.
Je réfléchissais sérieusement à immigrer
en Europe occidentale.
J’avais alors entrepris une démarche
pour obtenir un visa touristique pour le Portugal,
avec l’intention, une fois arrivé,
de rester sur le territoire,
quitte à me retrouver en situation irrégulière.
J’ai déposé ma demande au mois de septembre 2021.
Normalement,
le traitement devait prendre au maximum trois mois.
Mais les semaines passaient.
Puis les mois.
Et je n’avais toujours aucune réponse de l’ambassade.
Je m’impatientais.
Je ne comprenais pas pourquoi les choses n’avançaient pas.
Je pensais que mon avenir dépendait de cette réponse et,
sans connaître les plans que Dieu avait déjà préparés pour moi,
je m’agaçais de cette situation.
« Car mes pensées ne sont pas vos pensées,
Et vos voies ne sont pas mes voies, Dit l’Éternel. »
— Ésaïe 55:8 (LSG)
Je ne le savais pas encore.
Mais le silence de l’ambassade
n’était pas un abandon de Dieu.
C’était peut-être simplement Dieu
qui me faisait attendre sur une route
qu’Il n’avait pas choisie pour moi.
Quand la guerre a changé mes plans
Au début du mois de février 2022,
les tensions entre la Russie et l’Ukraine s’intensifièrent.
Puis, le 24 février 2022,
la guerre éclata.
En quelques heures, tout changea.
La peur envahit les villes.
Les gens commencèrent à fuir.
Les routes se remplirent de familles, de femmes, d’enfants
et de personnes cherchant simplement à sauver leur vie.
Pourtant, moi, je ne pouvais pas encore partir.
Mon passeport était toujours retenu
à l’ambassade du Portugal,
à Kiev.
Je savais que je devais absolument le récupérer.
Sans lui, traverser une frontière et chercher refuge
dans un pays voisin aurait pu devenir extrêmement compliqué.
Mais aller à Kiev dans ces circonstances
semblait insensé.
La capitale était durement frappée par la guerre.
Tout le monde me déconseillait de m’y rendre.
Les personnes qui auraient pu faire le trajet
ne voulaient plus y aller.
Et pourtant, quelque chose en moi était différent.
Je n’avais pas cette peur que les circonstances
auraient normalement dû provoquer.
Au contraire,
je ressentais une paix et une sérénité inexplicables.
Alors que je cherchais sur Internet un moyen de rejoindre Kiev,
je suis tombé sur l’annonce d’un homme
qui devait s’y rendre pour récupérer sa famille.
Je l’ai contacté.
Et nous avons fait le voyage ensemble.
Avec le recul,
je comprends que Dieu avait déjà commencé
à préparer mon chemin.
« Si tu traverses les eaux, je serai avec toi;
Et les fleuves, ils ne te submergeront point;
Si tu marches dans le feu, tu ne te brûleras pas,
Et la flamme ne t’embrasera pas. »
— Ésaïe 43:2 (LSG)
Je n’étais pas sans danger.
Mais je n’étais pas seul.
Un passeport récupéré sous les sirènes
Lorsque je suis arrivé à Kiev,
je me suis rendu à l’ambassade du Portugal.
Et c’est là que j’ai compris à quel point
le temps avait été parfaitement orchestré.
L’ambassade était justement en train de fermer
pour une durée indéterminée.
Elle devait être évacuée en raison de la guerre.
Mais, juste avant sa fermeture,
j’ai pu récupérer mon passeport.
Quelques instants plus tard,
les sirènes annonçant les attaques aériennes
retentissaient.
Je me suis retrouvé à chercher refuge
dans une station de métro,
comme tant d’autres personnes.
Je tenais mon passeport entre mes mains.
Ce document que j’avais attendu pendant des mois,
et dont je pensais qu’il représentait simplement
la possibilité de partir au Portugal,
était finalement devenu la clé
qui me permettait de quitter l’Ukraine en guerre.
Ce jour-là, j’ai compris quelque chose :
Ce que je considérais comme un retard
était peut-être une protection.
Si mon passeport était arrivé plus tôt,
j’aurais probablement quitté l’Ukraine pour le Portugal
et poursuivi le plan que j’avais moi-même imaginé.
Mais Dieu avait un autre chemin.
Dans le train, au milieu des larmes et des prières
Après un court moment de refuge dans le métro,
je me suis dirigé vers la gare.
Mon objectif était simple :
trouver un train pour Lviv, une ville située à l’ouest,
proche de la frontière polonaise.
Mais la gare était bondée.
Des milliers de personnes cherchaient à partir.
Les femmes et les enfants étaient prioritaires.
Les pleurs, les cris, les prières et l’angoisse
remplissaient les lieux.
Et pourtant,
je ne sais toujours pas comment,
mais je me suis retrouvé à bord d’un train.
Je n’avais aucune garantie d’arriver à destination.
Le train devait parfois s’arrêter
en raison des affrontements et de la situation militaire.
Autour de moi, beaucoup avaient peur.
Mais au fond de moi,
j’avais une conviction profonde :
Tout ira bien.
Je ne savais pas comment.
Je ne savais pas quand.
Je ne savais pas ce qui m’attendait à Lviv.
Mais je savais que Dieu était avec moi.
« Ne crains rien, car je suis avec toi;
Ne promène pas des regards inquiets, car je suis ton Dieu;
Je te fortifie, je viens à ton secours,
Je te soutiens de ma droite triomphante. »
— Ésaïe 41:10 (LSG)
La foi ne signifie pas que nous savons ce qui va arriver.
La foi signifie que nous faisons confiance
à Celui qui le sait.
Le miracle de la frontière
Après avoir atteint Lviv,
j’ai retrouvé une sœur ainsi que quelques amis.
Nous avons loué un véhicule
et pris la direction de la frontière polonaise.
À cette période,
des milliers de personnes attendaient pendant des jours
pour pouvoir quitter l’Ukraine.
La frontière était saturée.
Humainement,
nous aurions pu nous préparer à une longue attente.
Mais une nouvelle fois,
quelque chose que nous ne pouvions pas expliquer s’est produit.
Notre petit groupe a pu traverser la frontière
le même jour,
dans son intégralité.
Pas après plusieurs jours.
Pas après une longue attente.
Le même jour.
À mes yeux,
ce n’était pas simplement de la chance.
C’était une nouvelle manifestation de la grâce de Dieu.
« Voici, je suis l’Éternel, le Dieu de toute chair.
Y a-t-il rien qui soit étonnant de ma part? »
— Jérémie 32:27 (LSG)
Il y a des portes que nous ne pouvons pas ouvrir
par nos propres forces.
Et puis, soudainement, elles s’ouvrent.
Non parce que nous étions plus forts que les autres,
mais parce que Dieu avait déjà préparé le passage.
L’Allemagne — là où Dieu avait préparé une famille
Après avoir traversé la frontière,
chacun a pris sa route vers un pays de l’Union européenne
qui accueillait les personnes fuyant le conflit.
Pour ma part, j’ai choisi de me rendre en Allemagne.
J’y avais une famille bienveillante qui m’attendait,
prête à m’accueillir, à me soutenir et à me guider.
Et c’est à travers eux que
Dieu a continué à écrire mon histoire.
Ils m’ont accompagné.
Ils m’ont conseillé.
Ils m’ont soutenu.
Grâce à cet accompagnement,
j’ai pu être régularisé,
obtenir rapidement mes documents,
trouver un travail
et prendre un nouveau départ dans ma vie.
Je pensais chercher un avenir en Europe.
Mais Dieu avait préparé bien plus
qu’un simple voyage.
Il avait préparé des personnes.
Il avait préparé un accueil.
Il avait préparé une famille.
« Deux valent mieux qu’un,
parce qu’ils retirent un bon salaire de leur travail.
Car, s’ils tombent, l’un relève son compagnon. »
— Ecclésiaste 4:9-10 (LSG)
Certaines personnes entrent dans notre vie
comme des rencontres.
D’autres y entrent
comme des réponses à nos prières.
Et certaines sont littéralement
des instruments entre les mains de Dieu.
✦ Daniel Didier | Allemagne ✦
Suite du témoignage
→ Lire la partie 2 : Alors que je cherchais une issue,
Dieu préparait déjà ma route.
Partage ton témoignage
Dieu agit encore aujourd’hui.
Peut-être que ton histoire est exactement
ce dont quelqu’un a besoin aujourd’hui.
Ton témoignage peut donner de l’espérance,
renforcer la foi
et changer une vie.







